
Maserati pourrait-elle chercher en Chine une partie des technologies nécessaires à sa prochaine génération de voitures électriques ? Cette hypothèse a pris une tout autre dimension depuis que les discussions entre Stellantis, Huawei et JAC Group ont été rapportées par Reuters début septembre.
Le projet est potentiellement majeur pour la marque au Trident. Mais une précaution s’impose : à ce stade, il est question de négociations, pas d’un partenariat définitivement signé et présenté dans tous ses détails.
Derrière ces discussions se joue pourtant une partie importante de l’avenir de Maserati. La marque italienne doit renouveler son offre tout en faisant face à des volumes particulièrement faibles et à des pertes importantes.
Stellantis discute bien avec Huawei et JAC
Selon Reuters, Stellantis est en pourparlers avec Huawei et le constructeur automobile chinois JAC Group autour d’une coopération industrielle de long terme concernant Maserati.
Cette piste s’inscrit dans une stratégie plus large de partenariats industriels recherchés par Stellantis.
Huawei pourrait notamment apporter son expertise dans les technologies numériques et les véhicules intelligents, tandis que JAC dispose de capacités de développement et de production automobile en Chine.
Le groupe chinois travaille déjà avec Huawei autour de Maextro, une marque positionnée sur le segment premium.
Pour Maserati, accéder à un écosystème technologique déjà développé pourrait permettre d’éviter de repartir entièrement de zéro pour certains futurs véhicules.
Deux nouvelles Maserati électriques sont évoquées
C’est ici qu’il faut distinguer les informations les plus solides des éléments encore non confirmés officiellement.
Des publications chinoises et plusieurs médias spécialisés évoquent le développement potentiel de deux nouveaux véhicules électriques.
Il serait notamment question d’une GT électrique et d’un SUV.
Une architecture commerciale particulièrement originale est également évoquée : un même programme automobile pourrait donner naissance à un modèle commercialisé sous le badge Maextro en Chine et sous celui de Maserati sur certains marchés internationaux.
Reuters a rapporté qu’une stratégie de double marque faisait partie des possibilités étudiées.
En revanche, aucune fiche technique officielle permettant de connaître la batterie, l’autonomie, la puissance ou les performances de ces hypothétiques futures Maserati n’a été publiée.
Toute annonce précise sur ces caractéristiques serait donc prématurée.
Pourquoi Huawei intéresse autant Stellantis
Le rôle potentiel de Huawei ne se limiterait pas à fournir quelques écrans ou logiciels.
Les discussions rapportées portent notamment sur l’écosystème de mobilité intelligente développé par le groupe chinois.
Huawei est devenu un acteur particulièrement influent de la nouvelle industrie automobile chinoise grâce à ses solutions électroniques, logicielles, de cockpit connecté et d’assistance à la conduite.
Pour un constructeur historique, travailler avec ce type de partenaire peut permettre d’accélérer considérablement le développement de certaines technologies.
C’est précisément l’un des enjeux auxquels les groupes européens sont confrontés : les constructeurs chinois ont raccourci les cycles de développement et intégré très rapidement de nouvelles fonctions numériques dans leurs véhicules électriques.
Pour Maserati, une coopération permettrait potentiellement d’accéder plus vite à cet environnement technologique tout en concentrant davantage ses propres ressources sur le design, l’expérience de conduite et le positionnement de la marque.
Une voiture chinoise avec un Trident ? La réalité pourrait être plus complexe
C’est probablement le point qui suscitera le plus de réactions.
Plusieurs informations de presse évoquent une répartition industrielle entre la Chine et l’Italie.
Des éléments structurels des futurs véhicules pourraient être produits en Chine avant qu’une partie des opérations soit réalisée en Italie.
Mais le schéma industriel précis reste à confirmer.
Reuters indique qu’un éventuel accord pourrait également avoir un effet positif sur l’activité des sites italiens de Cassino et Modène, où Maserati produit actuellement ses voitures.
Cela montre pourquoi résumer le projet à des « Maserati chinoises » serait aujourd’hui trop simplificateur.
La provenance des plateformes, composants, logiciels, carrosseries et opérations d’assemblage devra être connue avant de pouvoir déterminer précisément la part respective de la Chine et de l’Italie.
Derrière ce rapprochement, des chiffres particulièrement difficiles pour Maserati
Ces négociations interviennent surtout dans un contexte économique compliqué.
Selon les données rapportées par Reuters, Maserati a expédié moins de 8 000 véhicules en 2025.
La marque a également enregistré une perte opérationnelle ajustée de 198 millions d’euros.
Pour un constructeur de luxe appartenant à un groupe aussi important que Stellantis, ces volumes rendent particulièrement difficile l’amortissement du développement de nouvelles plateformes, motorisations et technologies.
Or le segment premium impose justement des investissements considérables.
Une coopération industrielle peut alors offrir une autre solution : partager une partie des coûts et utiliser des technologies déjà développées par des partenaires.
Le pari comporte aussi un risque pour l’identité de Maserati
L’équation ne se résume cependant pas aux coûts.
Maserati vend également une histoire.
Le Trident reste associé à Modène, au design italien, au grand tourisme et à une longue tradition de voitures sportives.
Une dépendance trop importante à une architecture ou à des technologies développées en Chine pourrait donc soulever une question auprès de certains clients : qu’est-ce qui définit réellement une Maserati ?
Le problème n’est d’ailleurs pas propre au constructeur italien.
Avec l’électrification et le développement des véhicules définis par logiciel, les frontières traditionnelles entre constructeur, fournisseur technologique et partenaire industriel deviennent progressivement moins nettes.
Pour Maserati, l’enjeu sera donc de profiter des économies et de la vitesse de développement offertes par un partenariat sans transformer le Trident en simple badge apposé sur un produit conçu ailleurs.
2027 apparaît dans les discussions, mais le calendrier reste à confirmer
Plusieurs sources évoquent l’arrivée d’un premier véhicule issu de cette coopération dès 2027, voire une mise en production au cours de cette période.
Ce calendrier doit toutefois être traité avec prudence.
Ni Maserati ni Stellantis n’ont encore présenté publiquement un véhicule de série issu d’une alliance avec Huawei et JAC.
Le groupe doit par ailleurs préciser davantage la stratégie à long terme de Maserati.
Les prochains mois devraient donc permettre de savoir si ces négociations débouchent effectivement sur un accord industriel et, surtout, quelle place conserveront l’ingénierie et la production italiennes.
Pour l’instant, une chose est acquise : Stellantis cherche de nouvelles solutions industrielles pour Maserati. La piste chinoise existe réellement. Les détails les plus spectaculaires du projet, eux, attendent encore leur confirmation officielle.
ARTICLE FAQ / F&Q
Maserati a-t-il signé un accord avec Huawei ?
Non, pas officiellement à ce stade. Stellantis est en discussions avec Huawei et JAC Group concernant une coopération industrielle autour de Maserati, mais aucun accord définitif détaillé n’a été annoncé publiquement.
Pourquoi Maserati se rapproche-t-il de Huawei ?
Une coopération pourrait notamment permettre à Maserati d’accéder plus rapidement à des technologies avancées liées aux véhicules électriques, aux logiciels et aux systèmes intelligents, tout en partageant une partie des coûts de développement.
Quel serait le rôle de JAC ?
JAC est un constructeur automobile chinois qui travaille déjà avec Huawei, notamment autour de la marque premium Maextro. Son savoir-faire industriel et ses capacités de production pourraient jouer un rôle dans un éventuel partenariat avec Maserati.
Les prochaines Maserati seront-elles fabriquées en Chine ?
Une participation industrielle chinoise est évoquée par plusieurs sources, mais le schéma définitif n’est pas officiellement connu. Une partie des opérations pourrait également rester en Italie, notamment autour des sites de Cassino et Modène.
Quels nouveaux modèles sont envisagés ?
Plusieurs informations de presse évoquent une GT et un SUV électriques. Leurs caractéristiques techniques n’ont cependant pas été officiellement dévoilées par Maserati ou Stellantis.
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